m a r t i n l a q u e t E X T R A I T S
|
|
PEINTURE POÉSIE |
Un temps d'urgence (2008) fermer les yeux n'a aucune importance je vois la nuit interminable je n'ai que les mots pour sauver les apparences * (volets fermés) à l'affût du moindre indice je reste, assis, fumant une clope, au bord du monde patient * dans l'éclat nu de l'été un seul nuage pour décor vite vite vite et loin, très loin m'écorcher aux quatre coins des murs * si l'impatience était une maladie je serais mort depuis longtemps les mots impatients inédit Tout est fixé dans le vertige, enraciné dans le vent, amarré à l'errance, à l'impatience, au creux du ciel. André Velter je m'en souviens comme si c'était demain * je lis par-dessus ton épaule le vent tourne les pages de nos corps * quand tes yeux jonglent avec les astres je donne ma langue au chat * larmes en ombres chinoises tapage nocturne du silence * l'impossible est un ciel de traîne les mots sont des ponts d'Avignon ils font danser l'absence * futur entrouvert le temps fait l'équilibre Les dés du temps n'ont qu'une seule face (1999) nous avons peur des volets fermés où l'âme s'abîme dans un miroir nous sommes saouls des printemps qu'il nous reste à boire à rire à gueuler la lumière jaillira d'une caresse d'un frisson d'une étoile ou d'une flamme d'allumette dans la poussière écrite nous bâtirons l'insolence en dépit de l'hiver L'autre versant ou Le silence traversé (2000) L'espace flotte comme un linge au soleil de midi moi le sauvage j'y accroche mes vers * Ô cœur une rue qui descend jusqu'à l'abandon juste une étoile au bout de l'impasse juste une deux poèmes pour jacques Flacher La vie a maintenu ses lignes l’œil coud et recoud le tissu des couleurs le ciel est sur un piédestal le vent debout au détour d’un chemin où se nouent des mystères aux branches nues l’écho des ombres les choses immobiles ont l’air de s’étirer comme au réveil les manèges de la plage tourbillonnent c’est l’été les fenêtres sont ouvertes sur toutes les fenêtres la peinture peut tricoter ses songes la beauté est témoin (Les Dés du temps n’ont qu’une seule face, Maison de Poésie, 1999) De l’hiver qui impose son lumineux silence Au printemps qui chuchote ses premières lueurs La clarté déploie ses fines ailes de cristal Que les flocons déposent leurs secrets Ou que le vent joue dans la robe du ciel La lumière coiffe ses longs cheveux de femme Le temps tourne ses pages les saisons sont fidèles D’un angélus à l’autre le monde recommence La nature répète ses leçons en changeant de couleurs La beauté s’hydrate toujours aux sources de la vie. (L’Autre Versant ou le silence traversé, librairie-galerie Racine, 2000) |