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Un temps d'urgence
(2008)


fermer les yeux
n'a aucune importance
je vois la nuit interminable
je n'ai que les mots
pour sauver les apparences

*

(volets fermés)

à l'affût du moindre indice
je reste, assis, fumant une clope,
au bord du monde
patient

*

dans l'éclat nu de l'été
un seul nuage pour décor
vite vite vite
et loin, très loin
m'écorcher aux quatre coins
des murs

*

si l'impatience était une maladie
je serais mort depuis longtemps







        les mots impatients    inédit



              Tout est fixé dans le vertige,
                enraciné dans le vent,
                amarré à l'errance,
                à l'impatience, au creux du ciel.

                                        André Velter



je m'en souviens
comme si c'était demain

*

je lis par-dessus ton épaule
le vent tourne les pages
de nos corps

*

quand tes yeux jonglent
avec les astres
je donne ma langue au chat

*

larmes en ombres chinoises
tapage nocturne du silence

*

l'impossible est un ciel de traîne
les mots sont des ponts d'Avignon
ils font danser l'absence

*

futur entrouvert

le temps fait l'équilibre






Les dés du temps n'ont qu'une seule face
(1999)




nous avons peur des volets fermés

où l'âme s'abîme dans un miroir

nous sommes saouls des printemps
qu'il nous reste à boire à rire à gueuler

la lumière jaillira d'une caresse
d'un frisson d'une étoile ou d'une flamme
d'allumette dans la poussière écrite

nous bâtirons l'insolence en dépit de l'hiver






L'autre versant ou Le silence traversé
(2000)



L'espace flotte comme un linge
au soleil de midi

moi le sauvage j'y accroche mes vers


*
  

 
Ô cœur

une rue qui descend
jusqu'à l'abandon

juste une étoile
au bout de l'impasse

juste une


           





           
                               deux poèmes pour jacques Flacher




La vie a maintenu ses lignes
l’œil coud et recoud le tissu des couleurs
le ciel est sur un piédestal le vent debout
au détour d’un chemin où se nouent des mystères
aux branches nues l’écho des ombres
les choses immobiles ont l’air de s’étirer comme au réveil
les manèges de la plage tourbillonnent c’est l’été
les fenêtres sont ouvertes sur toutes les fenêtres
la peinture peut tricoter ses songes la beauté est témoin



 (Les Dés du temps n’ont qu’une seule face, Maison de Poésie, 1999)






De l’hiver qui impose son lumineux silence
Au printemps qui chuchote ses premières lueurs
La clarté déploie ses fines ailes de cristal

Que les flocons déposent leurs secrets
Ou que le vent joue dans la robe du ciel
La lumière coiffe ses longs cheveux de femme

Le temps tourne ses pages les saisons sont fidèles
D’un angélus à l’autre le monde recommence

La nature répète ses leçons en changeant de couleurs
La beauté s’hydrate toujours aux sources de la vie.


(L’Autre Versant ou le silence traversé, librairie-galerie Racine, 2000)